L'Église de Tabuado est composée d'une seule nef et d'un sanctuaire quadrangulaire, celui-ci plus bas et plus étroit que la nef. Cette différence est visible de l'extérieur en raison de l'échelonnement des volumes. La sacristie, au niveau du chevet, et une chapelle dédiée à Jésus, au niveau de la nef sont adossées à l'élévation nord, de construction moderne.

Les témoignages romans de cette Église semblent dater de la mi-XIIIe siècle. Par conséquent, elle est considérée comme un exemple essentiel de l'une des périodes de développement de l'architecture romane de cette région, s'encadrant déjà dans une période de transition.
En effet, la façade principale de ce temple dénonce cette période, avec son oculus qui surmonte le portail, ressemblant aux solutions adoptées à l'Église du Monastère de Paço de Sousa (Penafiel), datable du XIIIe siècle.
L'oculus est formé d'une grille en pierre de taille, dessinant de petits cercles, un cercle central et six autres qui l'entourent. L'oculus est aussi orné d'une moulure interne de rosaces en relief.
Sur la façade principale se détache le portail central. Composé de trois archivoltes, déjà brisées, ornées de perles et définies par un tore élégant, il est entouré d'une frise d'entrelacs richement décorée.
Les chapiteaux exhibent des éléments taillés en chanfrein et des motifs variés, tels que le bétail, les palmettes et les entrelacs. Sur les impostes, un élégant feuillage se déploie sous forme de frise sur toute la façade.
Les colonnes révèlent déjà une alternance entre les fûts lisses et prismatiques, des indices d'une chronologie assez tardive et le témoignage direct de l'influence de l'art roman de Coimbra, notamment de l'Église Saint-Jacques, sur cette vaste région de Vale do Sousa, voire même de Baixo Tâmega.
Le tympan lisse est soutenu par des corbeaux en forme de têtes de taureau. Les éléments qui composent ce portail sont semblables à ceux du Monastère de Paço de Sousa ou même de l'Église Saint-Vincent de Sousa, considérée par Manuel Monteiro comme l'un des meilleurs témoignages de l'art roman nationalisé.
Le clocher, qui crée un axe perpendiculaire avec cette façade, prend la forme d'un bloc de granit massif. Vu de loin, il a presque l'air d'une tour de défense, solide et massive, avec ses grosses pierres de taille.
La nature fortifiée et militaire de l'architecture religieuse de l'époque romane portugaise, plus rhétorique que strictement militaire, a été largement étudiée par l'historiographie qui traita cette matière spécifiquement.
Le sommet du clocher est déchiré par deux arcs brisés, qui accueillent les cloches, et est achevé par un pignon surmonté d'une croix. Tournés vers le portail, les trois modillons à la hauteur des chapiteaux témoignent de l'existence préalable d'un porche.
Au niveau du corps de la nef et de la croisée du transept, il reste deux contreforts, leur présence étant justifiée par le caractère massif des murs qui l'entourent. Le diamètre de l'arc, par rapport à la dimension de la nef, protège l'espace du sanctuaire, qui à l'époque romane se supposait intimiste et réservé aux yeux des fidèles.

Malgré les corps annexés, l'élévation nord révèle deux baies étroites déchirées au-dessus de la frise qui parcourent toute l'Église, ainsi qu'une corniche soutenue par des modillons lisses.
Sur le côté sud, la structure est la même, à l'exception des modillons qui prouvent l'existence d'un porche.
Avec deux archivoltes brisées, le portail d'accès à l'intérieur de l'Église répète une modénature identique à celle du portail central : le tympan lisse repose sur deux impostes en saillie. Les chapiteaux reposent sur des fûts lisses et arborent des motifs végétaux taillés en chanfrein.
Sur la façade arrière, sur la frise, il existe une ouverture composée de deux archivoltes, lisses, en chanfrein, et des vitraux colorés, formant un losange. Un croix en forme de fleur de lys achève le pignon du chevet.
L'intérieur du bâtiment dénonce le même caractère simple de l'architecture et la même austérité de l'ornementation extérieure. Le granit apparent de la nef n'est animé que par une base de support, également en pierre de taille, et par une corniche à triple moulure, dans une position plus élevée.
Il convient de noter que cet aspect dépouillé de l'intérieur de l'Église découle de la restauration réalisée dans les années 1960.
L'arc de triomphe est l'élément le plus marquant de l'époque romane, son agencement étant très original, comme s'il représentait une porte. Deux archivoltes en arc brisé sont entourées d'une frise composée de dessins à motifs géométriques et de cordes.
Les archivoltes reposent sur deux colonnes et les impostes sont ornées de dents de scie et de cercles enchaînés. Du côté de l'évangile, les chapiteaux exhibent des oiseaux qui entremêlent leurs cous et la figure d'un homme attaché à l'évasement du chapiteau par une corde. Ces motifs sont conformes à l'art roman qui adapte la sculpture aux éléments de l'architecture.
Du côté de l'épître se déploie un thème très commun, celui des quadrupèdes affrontés et des unicéphales, ainsi qu'un grand oiseau qui pourrait être un pélican, Vergílio Correia l'ayant appelé "avejão" (grand oiseau). Sur l'arc de triomphe, un oculus fait face à celui de la façade principale.